Comment gérer un shooting mise en scène cinématographique (sur le terrain) ?

Sep 27

Comment gérer un shooting mise en scène cinématographique (sur le terrain) ?

Dans cet épisode, je vous emmène avec moi sur un nouveau shooting belge, froid, urbex, steampunk et strobiste (ça fait beaucoup de caractéristiques !). Lors de cette séance, j'ai essayé de partager avec vous la façon dont s'organisait les idées dans ma tête et surtout les réflexions qui me venaient. Cet épisode est un parfait complément "sur le terrain" de cet épisode conférence sur "Comment réaliser des mises en scène ?"

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Sommaire

00:35 - Le challenge 01:40 - Le cadrage 04:25 - La préparation des modèles 05:45 - La direction de modèles 08:10 - Ce que j'en ai retenu 09:25 - Les annonces de fin

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Introduction J’aime les challenges ! Et j’aime surtout m’en créer. Cela me stimule et me fait donner à fond C’est comme ça, je sais que je suis meilleur sous la pression. En passant faire un workshop chez Jean-Marc en Belgique l’année dernière, je voulais absolument aller visiter une tour de refroidissement. Quelques jours avant, je me suis décidé à y faire un shooting mise en scène. J’ai donc mis une annonce sur internet pour trouver des amateurs de steampunk. Je trouvais que ça allait bien avec le style de l’endroit. Morgane m’a gentiment répondu et elle a décidé son ami Violette de venir avec elle. Donc le challenge était le suivant : Un lieu que je ne connaissais pas vraiment, deux modèles que je ne connaissais pas du tout ni même vraiment leur costume (à part une photo envoyée et une discussion facebook), une vague idée de ce que j’allais faire et surtout un bon gros froid de canard qui gèle sa mère ... Sur ce shooting, j’ai enregistré quelques unes de mes pensées en direct. Trouver le cadrage / le moment de doute L’un des points les plus compliqué lors d’un shooting comme celui là pour moi, c’est l’appréhension des lieux, surtout devant un endroit aussi magique que celui là. J’arrive toujours sur un shooting en pensant que le cadrage va être facile, surtout sur des endroits comme celui ci. Je me dis que la magie du lieu va marcher toute seule. Mais c’est invariablement la même histoire, je ne trouve jamais mon cadrage facilement. Et plus je le cherche, plus il est difficile pour moi de le trouver. Le premier instinct est de vouloir tout montrer. De vouloir rendre hommage à la magie qui s’y opère et faire du décor un personnage à part entière. Et invariablement, le doute s’empare de moi. C’est une période très compliquée ou un rien peut me faire abandonner, me faire me dire que l’idée n’en vaut pas vraiment le coup et qu’au final, ce n’est pas bien grave. C’est compliqué de résister à cette tentation. Mais invariablement, il arrive LE moment de la révélation : Alléluia …. La révélation Mon idée de base était simple : juste mettre une personne avec un beau costume steampunk dans cet endroit. Aucune histoire, juste une photo dans un lieu. Mais profondément ce genre de photo m’emmerde. Et je trouve que ça ne fait jamais une photo ou il se passe un truc, ou une histoire se raconte donc en fait ça fait jamais plus qu’une photo de catalogue. L’idée a surgit lorsque j’ai arrêté de vouloir faire du lieu un personnage et donc de vouloir le montrer entièrement. Le lieu a une ambiance assez bizarre comme ça (surtout avec un temps bien gris et bien nuageux) pour avoir absolument besoin de le situer et surtout qu’il prenne la vedette sur l’histoire. Je me suis recentré sur l’histoire et la lumière est apparue. La direction du modèle Maintenant que l’histoire est trouvée et que le cadrage est dégrossi, C’est le moment où les modèles entrent en jeu. J’ai affaire à deux personnes qui n’ont jamais posé pour des photos. Il a donc fallu que je les travaille beaucoup. J’ai choisi avec eux le costume final. Morgane avait les plus beaux accessoires avec son corset, ses lunettes et son revolver. C’est ce qui doit donc être vu le plus dans ma photo. De son coté, Violette a beaucoup de voiles mais pas de vêtement bien détaillé. A la base elle ne devait pas forcement poser donc ce n’est pas grave si je lui donne le rôle d’un personnage à la Assassin’s creed. C’est un petite rôle mais sans elle ma photo tombe un peu à plat. Chaque élément est important. Une fois les vêtements choisis, j’ai travaillé ma lumière sur le cadrage choisi. Lumière assez simple, une softbox a 45° en hauteur à droite et un réflecteur à gauche pour déboucher. Un deuxième flash derrière pour donner plus de volume. Cette lumière allait être justifiée dans l’histoire par une ouverture dans le mur. C’est là que ça a commencé à être compliqué. Morgane est quelqu’un de très timide et qui a du mal à jouer. Pour diriger ce genre de personne il faut absolument être très sûr de ce que l’on veut. Sinon ça ne donnera rien. Quand j’ai mon idée en tête et que la personne en face de moi n’arrive pas à me proposer des choses, je prends la direction en main et j’impose. Mon modèle devient un pantin que je mets en forme. J’ai pris sa place pour jouer la scène. J’ai toujours besoin de le faire pour trouver la bonne position. Puis j’ai passé beaucoup de temps à trouver la façon de la rendre la plus convaincante possible. Ma photo aussi belle pourra t elle être. Si mon modèle n’est pas convaincante dans son rôle, elle ne dégagera aucune émotion. Et donc tout ce travail serait réduit à néant. Je n’hésite pas à pousser la personne en lui expliquant bien le pourquoi je fais cela.Ici j’ai opté une pose un peu plus statique que d’habitude car ça permettait à Morgane de moins penser au reste. J’ai même été jusqu'à lui placé le revolver comme il fallait pour qu’il soit le plus graphique possible à l’image. Ensuite j’ai pris la photo de Violette assez rapidement, quelques photos de voiles et c’est bon, tout était dans la boite ! Et voici le résultat après un peu de travail sur Photoshop pour assembler le tout. Conclusion Je vous ai montré ici un exemple assez typique d’une de mes séances mise en scène. Ceci est ma manière de travailler. J’ai beaucoup de mal à préparer les choses à l’avance et je fais souvent les choses en pleine improvisation. Ce shooting nous a pris pas mal de temps. Je suis arrivé à 11h avec Jean-Marc sur place. Les modèles sont arrivés à 13h, on a commencé à shooter à 14h et on a finit à 16h. Je suis moi même étonné de la longueur de ce shooting. Ce que j’en ai retenu ? Ne jamais s’avouer vaincu, même avec le froid qui paralyse les idées, toujours donner le meilleur de soi même et rester le plus enjoué et pro possible. Cela donne une motivation aux autres personnes présentes qui vont tout donner même dans des conditions difficiles. Ne perdez pas la foi et soyez cohérent dans toute votre démarche. Workshops Mise en scène Si vous voulez venir avec moi sur un shooting, je propose régulièrement des workshops mise en scène sur 2 jours pour recréer ces conditions et vous expliquer toute ma façon de procéder depuis l’idée jusqu’à la finalisation Photoshop. Cliquez ici pour accéder à la page des workshops.

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